Oubliez la routine monogame et les colocations fades ! Dans un coin de France, quatre amis repoussent les frontières de la vie à plusieurs et bousculent (gentiment) les codes. Installez-vous, coupez le téléphone et ouvrez votre esprit : direction le quotidien insolite de Nounours, Laurianne, Samantha et Sylvain. Promis, nul besoin de prendre des notes, mais il faut bien suivre…

Réinventer le vivre-ensemble : mode d’emploi

La scène se déroule autour d’une tarte kiwi framboises, ambiance conviviale garantie. Comment décrire leur relation ? Facile pour Laurianne, directrice d’école de 35 ans au large visage pâle et aux cheveux noirs : il suffit de tracer une droite et d’y poser quatre points. À l’extrême gauche, Samantha, 28 ans, ébéniste ; juste à côté d’elle, Sylvain, vendeur dans un magasin de jeux de rôle et « échalas aux longues boucles » ; à sa droite, Laurianne elle-même ; et à l’extrême droite de la fameuse ligne, Nounours, fonctionnaire.

Petite astuce mnémotechnique à la Laurianne : « Ceux qui sont reliés par la droite sortent ensemble ». Alors Samantha est la compagne de Sylvain, qui lui-même est fiancé à Laurianne depuis quinze ans. Laurianne partage aussi sa vie avec Nounours. Rien à ajouter ? Détrompez-vous : Samantha et Nounours, bien que voisins sur la droite (enfin, façon de parler), ne sont que de bons amis. Idem pour Samantha et Laurianne, ou Sylvain et Nounours. Un joli schéma, ou un embrouillamini ? Les deux, mon capitaine ! Mais chez eux, tout s’éclaire : ce sont les liens, pas les conventions, qui dictent le quotidien.

Ni couple, ni coloc : cartographie d’un autre amour

Pas question pour ce quatuor de rentrer dans les cases classiques. Devant leur fameux dessert du dimanche, ils balaient les clichés d’un revers de main. Ici, pas de « couple officiel » ou de « colocation nécessaire à payer le loyer » : simplement des liens choisis, respectés… et parfois revisités selon l’humeur du moment. Le mariage, évoqué ailleurs comme institué pour garantir la stabilité des enfants et éviter le « je t’aime, moi non plus » à la chaîne, ne fait pas partie de leur mode d’emploi relationnel.

  • Samantha et Laurianne ? De bonnes amies, ni plus ni moins.
  • Sylvain et Nounours ? Même topo : amitié solide, pas d’ambiguïté.

Chez eux, nul besoin de « somme toute logique » ou de « perdants et gagnants » : chacun trace sa propre trajectoire, sans pour autant lâcher la main des autres.

Regards extérieurs et petits points d’interrogation

Évidemment, cette configuration suscite l’incompréhension, voire la critique. « Si l’une d’elles tombe enceinte, qui devient le père ? » lâche-t-on dans certains cercles, sceptiques. On parle de « fiasco supposé à venir », à interviewer dans quelques années pour prendre la mesure du désastre annoncé. Certains invoquent même les hippys, dont il ne resterait, selon eux, « plus rien », ou jettent Einstein dans l’arène : « La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. »

Mais ici, pas d’explosion ni de chaos. Ou alors uniquement dans le partage de la tarte du dimanche.

Réinventer sans tout casser : ce qu’on retient

Nounours, Laurianne, Samantha et Sylvain ne revendiquent pas un modèle à suivre pour tous. Ils témoignent seulement de leur désir commun d’écrire une histoire à leur image. Ils ne lisent pas Le Figaro, mais ils acceptent avec simplicité de répondre, sans prétention ni provocation, à ceux qui s’interrogent sur la monogamie délaissée ou les codes bousculés.

On pourrait dire que leur schéma relationnel est complexe. On pourrait aussi y voir la marque d’une génération qui se pose les bonnes questions, ose de nouvelles réponses, sans certitude sur l’avenir mais avec la joie d’expérimenter. Même si, pour suivre la trajectoire des liens qui unissent ce quatuor, mieux vaut, parfois, être armé d’un feutre (et d’un bon dessert partagé).

Et si, finalement, la vraie leçon était là : choisir librement ses attaches, c’est peut-être la clé d’un bonheur qui se décline au pluriel.

Vous aimerez aussi dans « Dernière minute »

Laisser un commentaire