Prêts pour un petit voyage vers Jupiter ? Bouclez vos ceintures… et votre patience. Car si surfant sur l’imaginaire de la science-fiction tout paraît facile et instantané, la vraie aventure spatiale, elle, se mesure surtout à coup de minutes-lumière. Plongée dans le vrai défi des voyages dans l’espace… et il suffit parfois de 43 minutes pour être ramené sur Terre (au moins psychologiquement !).

Le mythe de la vitesse cosmique : entre fiction et réalité

Dans l’espace, rien, absolument rien n’est plus rapide que la lumière. Un photon, ça file à près de 300 000 kilomètres par seconde. Une vitesse qui, soyons honnêtes, nous dépasse un brin. C’est tellement rapide qu’à notre échelle, ça semble instantané. Pourtant, à l’échelle cosmique, même cette lumière prend son temps : beaucoup, parfois.

La science-fiction adore s’émanciper de cette contrainte. Entre les vaisseaux supraluminiques façon Star Wars, les trous de ver d’Interstellar ou encore la téléportation dans Hypérion, les auteurs s’offrent des raccourcis décoiffants à travers l’espace-temps. Petite piqûre de rappel : dans la réalité, quitter son voisinage immédiat relève du tour de force.

Huit minutes, 43 minutes… ou toute une éternité cosmique !

Comment vraiment prendre la mesure de nos limitations ? L’animation créée par Josh Worth en 2014 permet de visualiser la lente avancée de la lumière dans le système solaire, en ligne droite et en temps réel. Un outil aussi simple que révélateur : même à cette vitesse folle, les photons mettent leur temps à crapahuter du Soleil à Mercure, la Terre, Jupiter…

  • La lumière du Soleil met environ huit minutes à atteindre la Terre. Logique, mais avez-vous déjà tenté de « vivre » ces huit minutes ?
  • 43 minutes, c’est le temps requis pour qu’un photon rejoigne Jupiter, la plus grosse planète du système solaire.
  • Direction Uranus ? Préparez-vous à patienter 160 minutes – soit 2 heures 40 !
  • Pour Neptune et Pluton, laissons planer le suspense et la découverte…

Grâce à cette animation, vous découvrirez aussi qu’entre chaque planète, il y a… beaucoup de rien. Un vide qui semble ne jamais finir. Josh Worth agrémente d’ailleurs le trajet de fun facts pour égayer l’attente. Heureusement, deux accélérateurs existent : un ascenseur horizontal et un téléporteur pour chaque planète, pour les moins patients d’entre nous.

Originalité supplémentaire : les distances peuvent s’exprimer non seulement en unité-lumière, mais aussi en kilomètres, miles, unités astronomiques, voire en bus, pixels, baleines bleues, planètes Terre ou même Grandes Murailles de Chine. Oui, c’est permis de sourire.

Petit système solaire, grande galaxie, univers inatteignable

Attention : cette simulation ne concerne « que » notre système solaire. Or, notre galaxie compte des centaines de milliards d’étoiles, et l’univers visible, plusieurs milliards de galaxies. Le système stellaire le plus proche ? Alpha du Centaure, à 4,37 années-lumière. Oui, années. Imaginez patienter avec ce simulateur… on vous laisse refaire votre stock de café.

En réalité, l’animation traduit bien le gouffre du temps qui sépare les astres. Un constat plus parlant encore quand on considère l’exploit des sondes humaines :

  • Voyager 1, partie de la Terre en 1977, a parcouru plus de 21,5 milliards de km selon les statistiques de 2019.
  • Ce chiffre impressionnant ne correspond « qu’à » 20 heures-lumière – à peine 144 fois la distance Terre-Soleil !
  • La sonde n’a d’ailleurs que tout juste franchi l’héliopause, frontière du système solaire. Les sondes, avec toute l’ingéniosité humaine, n’atteignent jamais qu’une infime fraction de la vitesse de la lumière, même en utilisant à fond l’assistance gravitationnelle des planètes.
  • La vitesse de Voyager 1 ? 17 km/s devant le Soleil. Résultat : aucune étoile ne croisera son chemin avant… 40 000 ans, à 1,6 année-lumière de distance.
  • Parker, la sonde la plus rapide (147 km/s), mettrait 9 000 ans pour atteindre Alpha du Centaure. Et pour le retour ? On préfère ne pas y penser…

Solitude cosmique et paradoxes étoilés

Deux conclusions s’imposent, pas franchement rassurantes pour les explorateurs dans l’âme :

  • Rien ne garantit que l’humanité quittera un jour le système solaire. Peut-être pourra-t-on coloniser nos voisines, mais même Alpha du Centaure semble hors de portée, même en rêvant à des technos futuristes – à moins de partir pour des dizaines d’années, au minimum.
  • L’immensité de l’espace s’impose à tous, Terriens ou – qui sait – E.T. bien cachés. À moins d’imaginer des civilisations extrêmement avancées en technologie (mais où sont donc leurs traces ?)…

Ce débat rencontre le fameux paradoxe de Fermi. Après toutes ces observations, une chose ressort : nous ne sommes, peut-être, pas seuls dans l’univers mais nous sommes, avec certitude, bien isolés. Et si jamais une intelligence venait de si loin, comment expliquer qu’elle rate son atterrissage… effet Roswell garanti.

Alors la prochaine fois que vous rêvez d’aventure cosmique, rappelez-vous : parfois, le plus grand défi, ce n’est pas de monter à bord, c’est d’attendre… longtemps. Très longtemps.

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