Et si le voyage dans le temps n’était plus seulement une douce rêverie de fans de science-fiction ou un casse-tête réservé aux soirées arrosées entre amis férus de paradoxes ? Une nouvelle théorie, venue tout droit des cerveaux en ébullition de physiciens contemporains, pourrait bien rebattre les cartes et affranchir nos esprits de certains des paradoxes les plus coriaces. Prêt à remonter (ou bifurquer) le temps à nos côtés ? Embarquez dans cette exploration captivante… sans risque d’effacement rétrospectif !

Le temps : du mythe à la relativité générale

Le voyage dans le temps manie si habilement l’imagination collective qu’il occupe depuis belle lurette les étagères des écrivains de science-fiction autant que le tableau noir des scientifiques. Mais pour parler sérieusement de temps, tout commence… par Einstein ! Notre vision moderne du temps s’appuie sur la théorie de la relativité générale, qui fusionne espace et temps en un seul tissu indissociable : l’espace-temps. Les physiciens, scrupuleux comme jamais, ont vérifié la robustesse de cette théorie jusqu’à s’en user la craie. Résultat ? Ils sont quasiment unanimes : rien ne décrit mieux l’architecture de l’univers.

Ce n’est donc pas un hasard si l’on utilise la relativité générale comme boussole pour débusquer une éventuelle faille temporelle. Oui, les équations semblent parfois nous souffler que le voyage dans le temps serait possible… mais la route se heurte à deux obstacles majeurs. Et pas des moindres !

Deux obstacles de taille (et pas de DeLorean à l’horizon…)

  • Le premier obstacle : la matière exotique. Pour qu’une machine à voyager dans le temps devienne réalité, il faudrait mettre la main sur ce que les physiciens appellent « matière exotique » ou matière à énergie négative. La physique quantique laisse bien entrevoir la possibilité de créer ce type de matière. Mais soyons honnête : la quantité théorique accessible est tellement minime et fugace que même un inventaire bien tenu n’en verrait pas la couleur. Et à ce jour, aucune preuve concrète de cette prouesse technologique n’a pointé le bout de son nez.
  • Le second obstacle : les paradoxes du voyage dans le temps. Là, on entre en territoire glissant. Le plus célèbre ? Le « paradoxe de cohérence ». Imaginez la scène : vous assemblez une machine à voyager dans le temps, faites un saut cinq minutes en arrière, puis vous démolissez la machine. Si vous l’avez détruite cinq minutes avant de la construire, comment avez-vous pu refaire le voyage ? C’est le serpent qui se mord la queue : la machine est détruite… si et seulement si elle ne l’est pas ! Pas étonnant que certains aient le tournis… et que d’autres abandonnent l’idée avant qu’elle ne devienne migraine.

Démêler l’écheveau : faut-il changer le passé ou changer d’univers ?

Dans les romans ou les films, on contourne le problème en évitant soigneusement de bouleverser le futur, ou en invoquant des règles bien commodes. Mais dans le vrai laboratoire, un paradoxe, c’est comme un trou dans le raisonnement : ça ne pardonne pas. Pour la physique, une théorie qui engendre de tels paradoxes n’est pas simplement un terrain de jeu dangereux, elle devient tout bonnement impossible.

Mais alors, doit-on renoncer à nos rêves d’escapades dans le passé ? Certains scientifiques ne l’entendent pas de cette oreille : au lieu d’éliminer le voyage dans le temps pour cause de paradoxes, pourquoi ne pas tout simplement éliminer… les paradoxes eux-mêmes ? C’est la voie empruntée par Igor Dmitrievitch Novikov avec son principe d’auto-cohérence : impossible de modifier le passé, même en y retournant – les lois de la physique s’arrangeraient toujours pour préserver la cohérence de l’histoire. Autrement dit, même armé de la volonté la plus farouche, vous ne parviendriez jamais à détruire la fameuse machine cinq minutes avant sa création : c’est ballot, mais c’est cohérent !

Problème : le raisonnement de Novikov n’endigue pas tous les paradoxes. Alors, que faire ? Changer radicalement de perspective…

La promesse des chronologies parallèles

C’est ici qu’entre en scène Barak Shoshany, professeur assistant à l’Université Brock, accompagné de deux de ses étudiants pleins de ressources. Leur suggestion : et si, au lieu d’un seul fil tenu du temps, il existait plusieurs chronologies parallèles ? Sur le papier, cela permettrait de visiter le passé dans une première chronologie, puis de bifurquer vers une seconde où l’on pourrait modifier les événements – sans affecter la chronologie « d’origine ». Un scénario digne des meilleures sagas… mais une question demeure : l’univers accepte-t-il vraiment l’existence de ces multiples chronologies ?

  • Pour l’instant, tout cela reste spéculatif, s’appuyant sur la fameuse « théorie des mondes multiples » de la physique quantique (d’Everett, pour les fans des notes en bas de page).

Depuis trois ans, Barak Shoshany et ses étudiants planchent sur une théorie conciliant la possibilité de chronologies parallèles avec la sacro-sainte relativité générale. Si leur pari s’avère payant, il deviendrait alors possible de contourner tous les paradoxes indociles et peut-être, allez savoir, de voyager réellement dans le passé.

Alors, la prochaine fois que vous relirez un classique de science-fiction ou que vous apercevrez un éclair dans le ciel, dites-vous bien une chose : la science n’a pas encore dit son dernier mot sur le temps… et qui sait, elle pourrait bien vous donner rendez-vous, hier, demain ou ailleurs !

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