Se ronger les ongles ou parler seul : 4 signes méconnus d’un haut potentiel intellectuel
Des ongles rongés jusqu’à la matrice, des monologues dignes d’un prix Nobel dans sa salle de bain, et une furieuse envie de jongler avec mille passions… Faut-il y voir le signe indéniable d’un génie en devenir ? La question du haut potentiel intellectuel fascine, divise, et croyez-le : on ne peut pas la trancher en deux paragraphes. Des montagnes de recherches s’y attaquent, et même les experts rament parfois pour bien cerner « le truc ».
Génie, kézako ? Ce n’est pas le QI qui fait tout !
Avant de chercher le génie dans ses ongles, rappelons que sa définition fluctue selon l’époque et celui ou celle à qui l’on pose la question. Un prodige de la Renaissance ne serait pas forcément vu comme tel au XXIᵉ siècle. Craig Wright, docteur en histoire de la musique, qui a passé plus de vingt ans à étudier les esprits les plus brillants, propose sa définition à la BBC : un génie est une personne dotée de capacités mentales extraordinaires, dont les œuvres ou concepts originaux transforment la société de façon significative, dans toutes les cultures et à travers le temps.
Professeur à Yale où il dissèque la nature de la génialité le temps d’un semestre (chanceux, ces étudiants !), Wright insiste : trop accorder d’importance au QI et aux notes académiques, c’est se fourvoyer. Le vrai potentiel se cache ailleurs, dans des habitudes parfois inattendues… et pas toujours flatteuses.
Les signes révélateurs selon la science (et non selon mamoune !)
Dans son ouvrage The Hidden Habits of Genius, Wright met en lumière quatre comportements fréquemment observés chez les cerveaux les plus affutés. Loin d’être des garanties infaillibles, ils constituent quand même de belles pistes. Voici ce qui ressort :
- La passion obsessionnelle : Le fameux « moment eureka » ? En fait, il n’existe pas. Wright explique que les grandes trouvailles découlent d’un long processus de maturation psychique, nourri par une passion qui vire parfois à l’obsession. C’est en travaillant d’arrache-pied sur des sujets qui les passionnent que les individus exceptionnels marquent leur époque. Attention aux parents qui forcent leurs enfants à se spécialiser dans une seule activité (vous savez, les fameux « projets Mbappé ») : la science est formelle, ça craint !
- L’ouverture aux expériences variées : Pour illustrer ce point, Wright fait appel à la fable du renard (qui connaît beaucoup de choses) et du hérisson (qui excelle dans un unique domaine). Les génies, le plus souvent, agissent en renards. Par leur expérience variée, ils établissent des liens inattendus là où d’autres voient des mondes séparés. Encourager les passions multiples, c’est souvent la meilleure manière de briller quelque part.
- Se ronger les ongles : Oui, vous avez bien lu ! L’onychophagie, considérée comme un trouble lié à l’anxiété, peut aussi trahir un perfectionnisme pointu selon Psychology Today. D’après Sylvia Sastre-Riba, ce perfectionnisme conduit fréquemment à l’excellence chez les personnes très intelligentes. Ronger ses ongles permettrait aussi de canaliser l’énergie mentale, voire la créativité. Attention toutefois : ce comportement peut aussi être associé à des troubles tels que le TDAH ou des tics – donc pas question de transformer tous les rongeurs d’ongles en génies incompris…
- Hypersensibilité sensorielle : D’après une étude de l’Institut Karolinska (Suède), les personnes à haut potentiel intellectuel traitent mieux l’information sensorielle, mais peuvent être débordées par des environnements bruyants ou lumineux, préférant souvent la tranquillité. Un super-pouvoir… qui a parfois ses inconvénients !
Parler seul : le réflexe des génies (même Einstein !)
Albert Einstein lui-même était un adepte des discussions en solo. Selon une étude des universités du Wisconsin et de Pennsylvanie, parler seul facilite la mémoire et la perception, notamment lorsqu’il s’agit de retrouver ou mémoriser un objet après avoir dit son nom à voix haute. En psychologie, ce phénomène prend un nom sérieux : discours autodirigé ou discours privé. Les experts d’Élice Psychologie expliquent qu’un dialogue intérieur organisé aide à structurer la pensée, booster la mémoire, clarifier les objectifs et même à se motiver. Oui, parler à soi-même peut être un vrai coup de fouet pour l’estime de soi !
Gare à la surinterprétation (et à la bienveillance mal placée)
Modernité oblige, parents et spécialistes rivalisent d’acronymes pour expliquer des comportements… parfois juste exubérants ! La tentation de voir un génie incompris en chaque enfant qui mange ses crayons ou improvise un concert dans les sanitaires, c’est tentant, mais risqué. S’il existe des signes récurrents chez les personnes à haut potentiel, rappelons que leur présence ne fait pas tout, et leur absence non plus. Un seul conseil : encouragez la curiosité, la passion, l’ouverture à ce (beau) bazar cérébral, et laissez tomber la quête du génie à tout prix. Vous tomberez peut-être sur un esprit brillant… ou simplement sur un adulte heureux, ce qui n’est déjà pas si mal !













