24 yeux et cubique : la méduse venimeuse inconnue qui intrigue les chercheurs

Il arrive parfois que la nature, fatiguée de voir les humains faire les fiers à bras devant leurs « découvertes », décide de sortir un joker et de bouleverser toutes nos certitudes. Oubliez les histoires de créatures exotiques tapies dans les profondeurs abyssales inaccessibles : l’une des découvertes animales les plus étonnantes de l’année 2024 a eu lieu à Hong Kong, dans un endroit que n’importe quel promeneur du dimanche pourrait fréquenter. Accrochez votre ceinture (ou, à défaut, votre combinaison de plongée), voici l’histoire de Tripedalia maipoensis, la méduse-boîte qui a donné du fil à retordre aux chercheurs.

Une créature digne d’un film de science-fiction

Tout commence en 2024, alors qu’une équipe de chercheurs réalise des prélèvements d’eau dans un étang au cœur de la réserve naturelle de Mai Po, à Hong Kong. Pour eux, il ne s’agit que d’une journée ordinaire, rythmée par l’analyse de la qualité de l’eau. Mais ce jour-là, un être venu tout droit d’un script hollywoodien se prend dans leurs filets : une créature aquatique inconnue à leur bataillon !

À peine sortie de l’eau, le suspense grimpe d’un cran. Après examen, l’équipe conclut qu’il s’agit d’une espèce de méduse-boîte, aussi appelée cubozoa, absolument inconnue jusqu’alors. Et il faut dire qu’elle ne fait rien comme les autres, à commencer par ses 24 yeux (oui, vous avez bien lu : 24, pas un de moins), agencés en grappes de six. Ses tentacules, eux, peuvent atteindre jusqu’à 15 centimètres, et petit bonus : elle se révèle hautement venimeuse. Une rencontre dont on se souviendrait longtemps à la plage…

De Mai Po à la Jamaïque : un mystère planétaire

La star du jour est rapidement baptisée Tripedalia maipoensis, en hommage à la région marécageuse où elle a été pêchée. Mais au-delà de son nom et de ses yeux en pagaille, ses caractéristiques émergent au fil des études menées par les scientifiques :

  • Ses yeux ne servent pas tous à voir :
    • Deux par côté du corps capturent des images détaillées des environs.
    • Quatre autres détectent la lumière, combinant leurs informations pour fournir à la méduse une vision aussi précise que bluffante. Pas sûr qu’on gagnerait à “cache-cache” contre elle !
  • Les tentacules s’achèvent en une sorte d’appendice ressemblant à une pédale. Conséquence ? Elle peut propulser son corps avec une force rare chez ses congénères, atteignant une vitesse maximale de 7 km/h environ. De quoi distancer les méduses plus paresseuses qui, elles, profitent du courant en mode « all inclusive ».
  • Une venimosité marquée, à traiter avec prudence lors des manipulations, car elle n’est manifestement pas du genre à se laisser embêter.

Un autre point qui interpelle sérieusement la communauté scientifique : c’est la toute première fois qu’une telle espèce de cubozoa est découverte à Hong Kong. Et, grâce à des analyses ADN, stupeur ! Ses plus proches cousines vivent bien loin, vers l’Australie, la Floride ou encore la Jamaïque. Sacrée championne du voyage, cette méduse (ou bien la preuve que la nature, décidément, n’a pas de frontières ?).

Une découverte qui bouscule la vision des écosystèmes

Depuis cette découverte, les chercheurs hongkongais n’en finissent pas d’émettre des hypothèses. Comment donc cette méduse-boîte a-t-elle atteint les eaux de Mai Po ? Comment y a-t-elle évolué ? Les réponses à ces questions pourraient ouvrir de précieuses pistes sur la dynamique écologique des milieux d’eau douce, notamment en ce qui concerne la circulation ou l’adaptation d’espèces inconnues.

Un peu de patience : l’excitation de la nouveauté le dispute à la rigueur scientifique. Les études se poursuivent, les filets restent déployés, et nul doute que Tripedalia maipoensis aura encore quelques secrets à distiller. Et si, au passage, elle pouvait inspirer quelques réalisateurs de science-fiction, qui pourrait lui en vouloir ?

Alors, la prochaine fois que vous irez au bord d’un étang, ouvrez l’œil… ou les 24, si vous en avez la chance !

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