72 femmes enterrées avec leur lit : l’étonnante tradition méconnue du Moyen Âge révélée
Imaginez un instant votre dernière demeure, non pas creusée à même une froide terre, mais ornée d’un mobilier digne d’une sieste éternelle : votre lit. Oui, le repos éternel – au sens littéral du terme – a bel et bien existé ! Cette coutume insolite, baptisée « enterrement au lit », a vu le jour aux débuts du Moyen Âge et réservait une place de choix aux femmes. Oubliez l’image classique du cercueil austère : dans certains recoins d’Europe, partir avec style était tout un art.
Un phénomène rare et féminin aux confins de l’Europe
Ce n’est pas une blague de mauvais goût : les archéologues médiévistes en ont retrouvé la trace. En Slovaquie, en Scandinavie et jusqu’en Grande-Bretagne, ces sépultures très particulières ont été recensées et étudiées. Selon une récente recherche relayée par Discover magazine, on compte au total 72 cas d’enterrement avec son lit à travers l’Europe. Certes, on est loin d’un raz-de-marée, mais avouez qu’en matière de rites funéraires, ça a de l’originalité ! Surtout pour l’époque, où ce type d’inhumation fait figure d’exception.
- Slovaquie : le premier exemple européen, au Ve siècle.
- Scandinavie : plusieurs cas recensés, dont deux femmes sur des lits richement décorés à Oseberg, en Norvège.
- Grande-Bretagne : la pratique s’y répand dès le VIIe siècle, notamment autour de Cambridge.
Ce n’est d’ailleurs pas tout : cette coutume concernait au premier chef les femmes. Oui, messieurs, pour une fois c’était madame qui emmenait le mobilier dans l’au-delà. Les chercheurs avancent que cette tradition aurait pu jouer un rôle dans la transmission de culture et de croyances, et notamment dans la propagation du christianisme sur certaines îles britanniques. À Trumpington, près de Cambridge, les défuntes reposent même avec de petites croix retrouvées sur elles.
Des origines méditerranéennes à la mode byzantine
Cette pratique ne serait pas née en Europe, mais bien plus à l’est, au sein de l’Égypte copte dès le troisième siècle après J.C. Là-bas, s’enterrer avec son mobilier n’avait rien d’inhabituel. De la Méditerranée orientale, l’usage a voyagé – à la faveur des modes byzantines – pour finalement séduire certaines communautés européennes. Comme quoi, même au Moyen Âge, on ne jurait que par l’import-export des tendances !
Parmi les sépultures les plus marquantes, la tombe de Poprad-Matejovce en Slovaquie (Ve siècle) mérite la palme de l’originalité : le lit de la défunte ressemblait plus à un canapé. De quoi faire rêver les amateurs de confort éternel.
En Scandinavie, les archéologues n’ont pas été en reste. L’un des exemples les plus fameux a été mis au jour à Oseberg, en Norvège, où les restes de deux femmes ont été retrouvés sur des lits richement décorés. Même là-haut, l’élégance funéraire ne connaissait pas la crise ! Et c’est toujours en Scandinavie, au Xe siècle, qu’on situe le dernier exemple connu de ce genre de sépulture.
Objets de prestige et évolution des rites funéraires
Si l’enterrement avec son lit était rare, s’allonger éternellement auprès d’objets ne l’était pas. L’époque médiévale voyait fréquemment guerriers et nobles emporter dans la tombe quelques témoignages de leur statut : armement pour les uns, parures et bijoux pour les autres. Il s’agissait d’une manière subtile de rappeler sa place dans la société, même au-delà du dernier souffle.
- Armements pour les guerriers
- Parures et bijoux pour les personnes de haut rang
Toutefois, l’arrivée du christianisme va bouleverser durablement ces traditions. Petit à petit, ce genre de pratiques est abandonné. L’accent est mis sur la simplicité et sur le regroupement des tombes autour d’un édifice religieux, autrement dit : les cimetières comme nous les connaissons aujourd’hui. Fini les siestes éternelles sur mobilier privatif, place à la communauté dans la mort !
Conclusion : L’enterrement au lit restera l’une de ces bizarreries médiévales, témoin d’échanges culturels et de croyances en pleine évolution. On retiendra que même dans la mort, l’originalité a parfois droit de cité. Et qui sait… peut-être que dans quelques siècles, nos intérieurs suédois finiront eux aussi… sous terre ?













