Ni punition ni cris : quand la parentalité positive vire au cauchemar pour toute la famille
Vous sentez ce petit frisson quand vous tombez sur un énième post Instagram vantant la parentalité positive, toute en bienveillance et en cœurs arc-en-ciel ? Moi aussi. Avant même la grossesse de ma femme, je ne m’étais jamais posé la question des diverses méthodes d’éducation. Mais, progressivement, au fil des recommandations de livres et de recherches sur internet, j’ai plongé dans le vaste océan des conseils parentaux. Et croyez-moi, on s’y noie vite !
Plongée enthousiaste dans la parentalité positive
Au début, c’était séduisant. Les enseignements vantaient l’importance d’accompagner le développement de l’enfant en respectant ses besoins, le tout, évidemment, sans violence. Comment ne pas adhérer ? L’éducation positive semblait être la clé universelle du bonheur familial. Les conseils, piochés ici et là, étaient parfois pointus (le mythique « il ne faut pas dire non », l’utilisation d’un timer…) et d’autres, beaucoup plus flous. Mais tout ce qui ne collait pas à cette méthode était présenté comme violent, dépassé ou, soyons honnêtes, presque barbare au regard de la science la plus moderne.
Sans vraiment s’en rendre compte, ma compagne et moi avons embrassé la parentalité positive. Le hic, c’est qu’on ne nous avait pas préparés à ses écueils et, aujourd’hui, notre fils aîné a 4 ans et demi… et des choses à dire sur le revers de la médaille !
L’envers du décor : entre gymnastique parentale et culpabilité
Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que chaque enfant est unique et que, parfois, ce qui marche pour l’un tourne au cauchemar pour un autre. Pour nous, le quotidien, c’est un enchaînement de contorsions dignes d’un médaillé olympique, pour sécuriser le cadre tout en prenant soin d’obtenir l’accord de notre garçon. Et la culpabilité : si on manque de patience, serait-on en train de ruiner notre enfant à vie ?
Petit florilège :
- Isoler un enfant dans sa chambre ? Dangereux, paraît-il.
- Lui brosser les dents malgré son refus ? Risqué, mieux vaut toujours « demander et expliquer ».
- Mais que faire quand « demander et expliquer » ne marche pas ? Silence radio des experts…
Le sentiment d’échec est alors immense. Quand la méthode échoue, ce n’est pas le procédé qui est remis en cause, mais nous, pauvres parents défaillants. Et gare à ceux qui osent « crier », ils risquent de fabriquer des adultes anxieux, malheureux et accrocs aux anxiolytiques (merci Insta de la bienveillance !).
L’impact concret : mode d’emploi à rallonge et solitude parentale
À force d’appliquer ces méthodes, on a élaboré, sans le vouloir, des « suradaptations » : notre enfant requiert désormais quatre pages de mode d’emploi en diplomatie et négociation à chaque sortie ! Avant l’école, on pensait que tous les enfants étaient aussi peu canalisables que le nôtre. Mais non, un jour, lors d’un cours d’escalade, j’ai vu tous les enfants s’asseoir d’un coup… sauf le mien, perdu dans son monde. Le professeur ne va pas se mettre à hauteur d’un par un, non ?
À l’école, rebelote : la maîtresse, désemparée, me glisse qu’il ne fait que ce qu’il veut et n’écoute rien. Quant aux autres adultes, personne n’apprécie vraiment de s’occuper de lui, à part ma mère qui s’accroche encore (merci maman !). Résultat amer : mon fils, que j’aime immensément, est devenu un poids pour son entourage. Si j’avais été plus strict, aurait-il moins de mal ? Peut-être aurait-il rencontré des adultes moins excédés…
Et la culpabilité gagne du terrain :
- Pour les adultes et enfants qui « subissent » davantage mon fils.
- Pour lui, car ses attentes sont si dures à combler que les adultes finissent de mauvaise humeur.
- Pour moi : si je craque sur les principes positifs, n’est-ce pas la catastrophe annoncée ?
Le retour à la réalité : Pas de recette miracle, juste des familles imparfaites
Avec le recul, cela ne pouvait pas marcher. On nous promettait le bonheur parental dans un livre (puis deux, puis dix…), et j’ai fini par croire à une véritable arnaque. Mais la naissance de mon second fils, bien plus facile, m’a ouvert les yeux : il y a une large part du caractère de nos enfants qui nous échappe. Il n’existe pas une solution universelle, juste de la débrouille et, souvent, pas mal d’improvisation.
Discuter avec d’autres parents m’a rassuré : je ne suis pas seul à galérer. Pour éviter une montagne de stress et de culpabilité, j’aurais aimé qu’on nous prévienne :
- Certains enfants sont plus exigeants que d’autres, c’est comme ça.
- L’éducation positive, c’est super, mais il faut accepter que ça ne marche pas toujours !
Parfois, tout déraille, et ce n’est pas si grave. Peut-être qu’on devrait, de temps en temps, lâcher du lest et s’autoriser à échouer avec le sourire. Après tout, nos enfants n’ont jamais eu de mode d’emploi… et nous non plus.













