Des pluies acides à la nuit éternelle : l’extinction des dinosaures était bien pire
Imaginez une apocalypse digne des plus grands blockbusters hollywoodiens… mais sans effets spéciaux, ni super-héros pour sauver la planète. Il y a 66 millions d’années, la Terre a connu un enchaînement de phénomènes catastrophiques qui rendent les mauvais jours d’aujourd’hui presque sympathiques en comparaison. Mais qu’est-ce que les dinosaures ont vraiment enduré lors de leur disparition ? D’après une étude publiée le 21 mars par l’Académie nationale des sciences des États-Unis (PNAS), l’horreur de l’extinction dépasse tout ce que l’on avait pu imaginer jusque-là.
L’impact de l’astéroïde : un véritable coup de massue planétaire
Retour rapide en arrière : une météorite de 10 kilomètres s’écrase dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, créant le célèbre cratère de Chicxulub. Cet événement marque le début de la fin pour la grande majorité des espèces présentes alors sur Terre. Si on connaissait déjà le terrible effet de l’impact, ce que l’on avait longtemps sous-estimé, c’était la quantité gigantesque de soufre projetée dans l’atmosphère. James Witts, maître de conférences à l’université de Bristol et co-chercheur de l’étude, l’avoue sans détour : « les chercheurs ont sous-estimé la quantité de soufre créée par l’impact de cet astéroïde ».
Et ce n’est que le début du spectacle (macabre, on vous l’accorde) ! Cette libération massive de soufre n’a pas été sans conséquences. Selon James Witts, le changement climatique qui a suivi « était peut-être beaucoup plus important que ce que nous pensions auparavant ».
Quand la Terre sombre dans la nuit… et l’acide
Suite à l’impact, un colossal nuage de gaz sulfureux grimpe dans la stratosphère et coupe littéralement la planète de la lumière du Soleil. Bye bye bronzette : notre monde se retrouve plongé dans une nuit noire, non seulement pour quelques jours ou semaines, mais possiblement pour des décennies, voire des siècles. Imaginez la tronche des plantes privées de lumière…
Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, le nuage de soufre est aussi à l’origine de pluies acides qui déferlent sur la planète. La chimie des océans se retrouve bouleversée pendant des dizaines de milliers d’années, impactant durablement la vie marine et bien au-delà. Vous pensiez la catastrophe brève ? Elle s’est éternisée, bien plus longtemps que ce que l’on imaginait !
Quand la science avance grâce au hasard (et un peu de curiosité géologique)
L’étude qui confirme cette apocalypse grandeur nature doit en partie son existence à un coup du sort, ou plutôt à la bonne idée de chercheurs. Alors qu’ils étudiaient la géochimie de coquillages fossiles dans une rivière du comté de Falls au Texas, leur proximité avec le lieu de l’impact les pousse à prélever quelques échantillons de sédiments supplémentaires. Ceux-ci, expédiés à l’Université de Saint Andrews en Écosse, ont été analysés par Aubrey Zerkle, géochimiste et géobiologiste de l’étude.
- Analyse des isotopes de soufre dans ces échantillons
- Découverte de « signaux inhabituels » en lien avec du soufre dans l’atmosphère d’il y a 66 millions d’années
Si le phénomène avait déjà été observé aux pôles nord et sud, retrouver ce signal atomique dans des roches marines du Crétacé atteste d’une diffusion massive de soufre après l’impact. Une preuve supplémentaire du cataclysme subi par la planète.
Le sort des dinosaures : quand le hasard fait vraiment mal les choses
Cerise sur le gâteau (acide) : d’après les estimations, près de 76% des espèces ont été rayées de la carte. Et tout cela, à cause, entre autres, d’une singulière coïncidence géologique. Une grande partie du soufre libéré provenait du calcaire riche en soufre de la péninsule du Yucatan. James Witts le souligne : « Si l’astéroïde avait frappé ailleurs, il n’y aurait peut-être pas eu autant de soufre libéré dans l’atmosphère et le changement climatique qui a suivi n’aurait peut-être pas été aussi grave ». De quoi changer radicalement l’issue de l’histoire naturelle !
- Disparition massive des espèces (≈ 76%)
- Conséquences environnementales sur le long terme
- L’aléa géographique a tout bouleversé
En somme, l’extinction des dinosaures, loin d’avoir été un simple « accident », fut le résultat d’une réunion lugubre de phénomènes physiques, chimiques et géographiques. Un terrible jeu de malchance à l’échelle planétaire, qui mériterait presque sa propre saga… sans happy end.
Conclusion : Si la mémoire de ce cataclysme persiste encore aujourd’hui dans les profondeurs du cratère de Chicxulub, son ampleur et ses ramifications nous rappellent, au passage, qu’avec la nature, il vaut mieux garder son humour… et ne jamais sous-estimer les petites choses, comme une pincée de soufre !













