Ni antidépresseur ni thérapie : 5 gestes puissants pour muscler votre bonne humeur selon la science
Certains matins, rien ne peut vous atteindre : la tasse de café pulvérisée sur le carrelage vous fait à peine hausser un sourcil, et les aventures de votre conjoint(e) avec les clés de la voiture font presque sourire. D’autres jours, le ciel vous tombe sur la tête, jusqu’au coup de fil d’une amie chère qui repeint votre journée aux couleurs de la joie. Et puis, il y a toujours cette voisine rayonnante (vous la voyez ?), qui avance un sourire solidement accroché aux lèvres, envers et contre tout.
Mais qu’est-ce qui se trame entre nos deux oreilles quand on parle de bonne humeur ? Il n’existe pas de bouton magique à presser, ni de formule secrète transmise de génération en génération. Pourtant, la science commence à lever le voile sur ce mystérieux état d’esprit, positif mais pas excessif, qui n’est ni la joie débordante ni l’euphorie incontrôlable — mais qui dure ! Et, bonne nouvelle : il serait possible de le cultiver sans même passer par la case divan.
Mécanismes cérébraux et chimie de la bonne humeur
Derrière la bonne humeur, se cache tout un orchestre neuronal. Selon Gilles Pourtois, professeur de psychologie à l’université de Gand, la bonne humeur n’est pas qu’une simple disposition du moment : c’est un mécanisme fondamental de survie, capable de transformer notre façon de voir le monde. Deux acteurs principaux sur la scène cérébrale : la dopamine (le fameux « shoot » d’énergie après une bonne nouvelle) et la sérotonine (le complice des antidépresseurs). Un équilibre entre les deux serait la recette secrète de l’humanité pour voir la vie avec un brin de soleil.
Mais ces molécules n’agissent pas en solo. Bonne humeur = ouverture d’esprit ! La dopamine déverrouille le mode « exploration » de notre cerveau : soudain, tout paraît plus vaste. Des expériences l’ont prouvé : en induisant des pensées heureuses chez des participants, leur champ visuel s’élargit. Dit autrement : mauvaise humeur = selfie en gros plan ; bonne humeur = grand-angle panoramique sur la vie et ses possibles. Ceux qui ruminent tournent leur objectif vers eux-mêmes, quand les autres découvrent le paysage.
Le kit de survie anti-grisaille : 5 gestes validés par la science
- Écoutez de la musique en pleine conscience : Certaines œuvres musicales agissent directement sur notre énergie (Marche turque de Mozart ou Take Five de Dave Brubeck, ça vous dit ?), prouvant que le bon rythme peut agir sur le cœur et, par ricochet, sur l’humeur.
- Souriez (même de force) : Australian sourire experience ! Activer les zygomatiques se répercute sur le cerveau, produisant des « antidépresseurs naturels ». Parfois, le moral prend l’ascenseur dès qu’on se force à esquisser une banane.
- Faites de l’exercice physique : Inutile de rivaliser avec Usain Bolt. Mais bouger, c’est offrir à son cerveau une cure de dopamine et de sérotonine. La lumière naturelle et l’activité sont vos meilleures alliées contre l’humeur morose.
- Misez sur la lumière et la vitamine D : S’exposer au soleil (ou à défaut, bien éclairer son intérieur) booste la production de sérotonine. Petite astuce : garnir son assiette d’aliments fermentés favorise aussi ce neurotransmetteur de la bonne humeur.
- Soyez à l’écoute de votre corps : L’intéroception, ou l’art de ressentir ses propres signaux corporels (fréquence cardiaque, respiration, faim, ou même les petits gargouillis des viscères) joue un rôle de chef d’orchestre sur nos émotions et humeurs.
Pourquoi ça marche : la science nous éclaire !
Lisa Feldman Barrett et son équipe ont montré que notre cerveau fonctionne comme un département finances soucieux de l’équilibre : il anticipe, gère dépenses et recettes énergétiques — ce que les spécialistes appellent l’allostasie. Résultat ? Une humeur stable est signe que le « budget corporel » est équilibré. Si vous êtes ronchon sur la durée, avant de gronder l’univers, commencez par vérifier : sommeil suffisant, alimentation adéquate, énergie au rendez-vous ?
La bonne humeur, c’est donc un véritable bouclier de survie. Gilles Pourtois va plus loin : elle nous rend plus créatifs, plus tolérants face aux erreurs et, mieux encore, plus aptes à faire face aux tempêtes de la vie, des plus anodines aux plus dramatiques. Les véritables résilients, ces éternels optimistes réalistes, disposent de réserves cérébrales pour rebondir quoi qu’il arrive.
Conclusion : À nous la panoplie du bonheur !
Pas de formule magique, mais des gestes simples, efficaces et validés par la science pour muscler notre capacité à être de bonne humeur. Chacun possède un kit de survie anti-grisaille : à nous de l’utiliser avec créativité. À force d’entraînement, de petits gestes et de respect de nos besoins fondamentaux, l’arc-en-ciel intérieur n’est jamais bien loin. Dans la vie comme dans la tête, la vue panoramique a décidément plus de charme que le mode selfie !













