Qu’on se le dise, crier sur ses enfants, ça arrive à des parents de tous horizons – même aux plus patients, même aux « gens bien » ! Mais si on sait qu’on ne pourra pas gommer d’un coup de baguette magique ces montées de décibels, la question de l’après reste : faut-il toujours s’excuser, et surtout, pourquoi et comment réparer ? Entrons dans le vif du sujet avec humanité et un brin d’autodérision parentale.
Le poids des cris : ce que retient vraiment l’enfant
Quand la moutarde vous monte au nez et que vous finissez par hurler (oui, HURLER !) sur votre progéniture, ce n’est jamais de gaieté de cœur. Et puis, ce fameux script se rejoue : la culpabilité qui s’invite, les regards fuyants, et souvent, cette fameuse question : dois-je aller m’excuser… encore une fois ?
Le plus important à retenir, c’est la perception de l’enfant. Ce n’est pas forcément la portée sonore de votre voix qui l’aura marqué, mais le fait qu’il se sente responsable de cette colère. Il croit qu’il est un « mauvais enfant ». Hop, l’estime de soi en prend un coup, la confiance aussi. L’enfant peut avoir honte, se sentir abîmé à l’intérieur. Dans ce contexte, l’après-cri n’est pas une question d’effacer la scène, mais de réparer ce lien distendu.
Réparer : mode d’emploi étape par étape
Une fois votre calme retrouvé (et si vous avez plusieurs enfants, privilégiez un moment à deux, les yeux dans les yeux — oui, comme dans les films, mais sans la bande-son dramatique), il est temps de passer à l’action. Il ne s’agit pas juste de s’excuser à la va-vite, mais d’énoncer clairement ce qui s’est passé.
- Décrire factuellement la scène : Par exemple, « Je suis rentré, j’ai ouvert la porte de la salle de bain et j’ai vu l’eau partout, tout était inondé… »
- Exprimer ses émotions et pensées : « J’étais très énervé, contrarié, je me disais que ça allait me prendre un temps fou de tout nettoyer, que j’avais prévu de passer un bon moment ou de boire un café… » Oui, parfois on rêve juste d’un café tranquille !
- Nommer la réaction : Dire clairement : « J’ai hurlé parce que je t’ai jugé responsable de l’eau partout. » Si des mots ont dépassé la pensée, ne pas hésiter à les reconnaître : « Je t’ai dit des mots blessants, j’ai été dur avec toi, j’ai crié trop fort. »
- Assumer la responsabilité : Et voici le moment clé : il ne s’agit pas de se dédouaner, mais de dire « Je te demande pardon » (et non pas « Je m’excuse »). Expliquer qu’en réalité, l’explosion ne vient pas (seulement) de sa bêtise, mais de vos propres pensées, de l’émotion qui vous a envahi. « J’aurais pu faire autrement et je n’ai pas su sur le moment, c’est pour ça que je te demande pardon. »
Quels bénéfices pour vous et votre enfant ?
On pourrait croire que cette réparation ne sert qu’à soulager la conscience du parent. En réalité, c’est bien plus !
- Vous enseignez à votre enfant comment fonctionne un humain. Oui, parfois on s’emporte, on fait des choses qu’on regrette, et on s’en prend aux gens qu’on aime. L’enfant va comprendre : « Ah d’accord, c’est ça qui s’est passé ! »
- Votre enfant apprend qu’il n’est pas responsable du mal-être parental. Fini les « je suis un mauvais enfant », « je rends mes parents malheureux », « je ne fais jamais assez bien ». Vous reprenez la responsabilité, et votre enfant respire : « Ce n’est pas de ma faute, maman/papa l’a dit. »
- Il intègre que les émotions fortes, c’est normal. Si la colère submerge un adulte, alors ça peut m’arriver à moi. Ce n’est ni un bug de fabrication ni une catastrophe. Et en plus, il apprend comment réparer, lui aussi.
- L’amour et la sécurité sont restaurés. Finis les « je ne suis plus aimé » ou « je suis malheureux » après un cri : quand on explique, qu’on demande pardon, le réservoir d’amour se remplit à nouveau. L’estime de soi n’est pas touchée, le sentiment de sécurité revient.
En conclusion : réparer, ce n’est pas s’annuler, c’est relier
Demander pardon à son enfant, ce n’est pas baisser la tête ni s’auto-flageller. C’est montrer l’exemple, leur dire que tout le monde déraille parfois, et que l’essentiel, c’est de savoir reconnecter. Après tout, si la parentalité était une leçon de perfection, on appellerait ça l’ingénierie robotique, pas l’aventure humaine. Allez, respirez, vous faites partie des « gens bien » qui essaient, qui se plantent parfois… et qui réparent. Et c’est déjà énorme.













