Peut-on trop féliciter son enfant ? Si vous pensiez que les éloges à volonté étaient la clef du bonheur familial, accrochez-vous : la science met les pieds dans le plat et nous invite à repenser la façon dont nous sculptons l’égo de nos têtes blondes… ou brunes !

Quand l’intention parentale vire au casse-tête psychologique

Qui n’a jamais voulu un enfant heureux, équilibré, prêt à croquer la vie à pleines dents ? Bien sûr, la plupart des parents cherchent, armés de leurs connaissances du moment, à faire au mieux. Pourtant, derrière ces tonnes de compliments se cache parfois une mécanique involontaire capable d’orienter l’avenir psychologique de l’enfant vers des terres moins hospitalières. La recherche pointe du doigt un phénomène surprenant : trop d’éloges ou une survalorisation (sans nécessairement d’effort ou de mérite en face), loin de booster l’estime de soi sur le long terme, peut saper ses fondations.

Des chercheurs de l’université d’État de l’Ohio et de l’université d’Amsterdam ont minutieusement étudié ce sujet. Leur verdict : congratuler systématiquement les enfants au-delà de leurs performances n’aide pas… Cela pourrait, ironiquement, leur nuire. Surtout si ces compliments les conduisent à se voir comme supérieurs, spéciaux ou à part des autres enfants.

Narcissisme chez l’enfant : détection et conséquences

Un enfant narcissique, en dehors de posséder un miroir magique dans la poche, présente plusieurs signes distincts. Parmi les plus fréquents :

  • Surestimation de ses capacités, besoin constant d’admiration.
  • Manque d’empathie, tendance à exploiter ou manipuler les autres.
  • Difficulté à accepter la critique ou l’échec.
  • Comportements arrogants, parfois même de la cruauté ou une indifférence marquée envers autrui.
  • Masque de confiance cachant en réalité une grande insécurité ou un sentiment de vide.

Ces enfants croient qu’ils sont au-dessus des règles et ont, dès leur plus jeune âge, des difficultés à respecter les limites fixées – à la maison comme à l’école. Ils peuvent mentir, voler, ou rabaisser les autres pour affirmer leur supériorité. Et, non, ils n’attendent pas toujours de se faire prendre la main dans le sac pour agir !

L’origine de cette « faille narcissique » n’est pas qu’une question de génétique ou d’environnement ; un contexte familial où l’on surprotège ou, paradoxalement, néglige émotionnellement l’enfant, joue un rôle déterminant. Grandir avec une mère ou un père narcissique peut aussi laisser des traces durables, de l’estime de soi vacillante à des difficultés d’attachement. Sans soutien, ces enfants risquent d’entrer dans l’âge adulte sans jamais développer de relations équilibrées ni guérir ce sentiment de vide qui les habite.

Que faire si l’on détecte des traits narcissiques chez un enfant ?

Tout n’est pas perdu, rassurez-vous ! Que l’enfant manifeste déjà les symptômes ou qu’il évolue dans un environnement à risque, il n’est jamais trop tard pour inverser la tendance. La clé réside dans un changement d’attitude parental :

  • Offrir des limites claires et une discipline cohérente.
  • Encourager l’empathie, expliquer la portée de ses actes et enseigner la bienveillance.
  • Féliciter quand cela est mérité, mais ne pas hésiter à laisser l’enfant échouer (dans un sport, un examen peu risqué) pour lui apprendre la frustration et l’humilité.
  • Être un modèle de comportement équilibré et valoriser les actions positives plutôt que la simple performance.
  • Favoriser le soutien émotionnel et construire une estime de soi basée sur les réalisations personnelles, pas sur la validation extérieure.

La thérapie comportementale, qu’il s’agisse d’interventions individuelles ou familiales, a également fait ses preuves pour ramener l’enfant vers des relations sociales plus saines. N’oublions pas que, dans bien des cas, ce « masque » arrogant n’est qu’un réflexe de protection face à une estime de soi extrêmement fragile.

Pour finir… Les compliments, oui, mais à bon escient !

Si vous vous surprenez à féliciter votre enfant pour ses résultats astronomiques au coloriage (quand tout le vert déborde du triangle), pas de panique : il est toujours possible de changer ! L’essentiel est de transmettre à nos enfants que l’échec existe et n’est pas dramatique, que la gentillesse et la bienveillance comptent tout autant que la réussite. Un compliment bien dosé, de lLiebevôtlement, et une pincée de limites : la recette pour élever des adultes épanouis, et non de futurs tyrans… Et le plus beau dans l’histoire ? Il n’est jamais trop tard pour ajuster son tir parental. Allez, courage, on range la coupe du « meilleur enfant du monde » pour aujourd’hui !

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