Peut-on être considéré comme un cancre à l’école et recevoir, des décennies plus tard, la révélation inattendue d’un QI supérieur à 130 ? Patrice, 60 ans, habitant près de Quimperlé dans le Finistère, l’a vécu. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas le scénario qu’il avait imaginé ! Plongée dans une histoire où les étiquettes collent parfois mal à la réalité, et où le regard sur soi se redessine avec un simple chiffre…
École, redoublements et mauvaise réputation : le parcours du combattant
- Patrice, malgré ses soixante bougies, ne ressemble pas à l’image des « surdoués » – il le dit lui-même. L’adolescent qu’il était, assis dans une salle de classe, collectionnait les difficultés.
- « À partir de la 6e, ça avait été une catastrophe à l’école », affirme-t-il sans détour. À tel point qu’il enchaîne deux redoublements, d’abord en 6e puis en 5e.
- La suite ? Un BEP électricité qui ne s’est jamais transformé en diplôme : Patrice ne s’est pas présenté à toutes les épreuves.
Face aux regards qui le cataloguent de cancre ou de fainéant, il s’imagine surtout « con comme un balai ». Si, si, il l’affirme lui-même avec humour !
Le jour où tout bascule : la révélation HPI suggérée par ses thérapeutes
L’ironie du sort, c’est qu’il faut attendre la cinquantaine – 52 ans pour être précis – et le début d’une thérapie pour qu’un premier grain de doute s’immisce. Son thérapeute de l’époque, alors même qu’il traite Patrice pour une anxiété persistante depuis vingt-cinq ans et une consommation d’alcool excessive, ose aborder le sujet : et si Patrice était à « haut potentiel intellectuel » ? Plutôt que d’y croire, notre homme s’effondre… de rire.
La phrase fuse : « Moi ? Je suis con comme un balai ! » Mais la thérapie va tout de même l’aider : il parvient à arrêter les anxiolytiques et à réduire nettement l’alcool. Premier pas pour sortir d’une vision négative de lui-même.
Lorsque son thérapeute part à la retraite, sa nouvelle thérapeute revient elle aussi à la charge. Ironie du destin, elle « le harcèle presque » pour qu’il passe les tests. Finalement, à 58 ans et tout juste en préretraite (un dispositif réservé à ceux ayant travaillé au contact de l’amiante), Patrice s’exécute. Direction une psychologue à Quimper pour un test de QI.
Un chiffre qui fait tout exploser : QI supérieur à 130
C’est là que le verdict tombe, implacable : plus de 130 de QI. On entre dans le territoire très restreint des personnes qualifiées de « surdouées » ou à « haut potentiel intellectuel » – seulement 2,3 % de la population obtiennent un tel résultat. Pour Patrice, c’est la sidération : « Ça a été un choc. J’étais KO debout. Pour moi, ce n’était pas possible. »
Il refuse qu’on communique son score exact : il ne veut pas que sa personnalité soit résumée à un chiffre.
Lui, l’ouvrier stratifieur, spécialisé dans les matériaux composites puis les bateaux, celui qui a été délégué du personnel, qui a traversé la dépression et les jugements, et croyait qu’on le prenait pour « un âne ou un mec avec un sale caractère », découvre à 58 ans une toute autre facette de lui-même. Un fameux « surdoué » ? Le mot ne lui plaît guère, mais il ne peut plus l’ignorer.
Comprendre, pour se réconcilier avec soi-même
Passé le choc, les montagnes russes du sentiment s’invitent : entre euphorie et perplexité, Patrice tente de comprendre ce qui différencie son cerveau de celui de la majorité. Le voilà qui rencontre d’autres personnes, poursuit sa quête d’explications… et commence, petit à petit, à voir son parcours autrement.
- Il prend conscience que fonctionner différemment explique bien des embûches passées.
- Son histoire rappelle que de nombreux enfants « à part » peuvent se retrouver en échec scolaire, sans que cela préjuge de leur intelligence.
En conclusion, l’histoire de Patrice est un rappel précieux : les apparences sont parfois trompeuses, et notre valeur ne se résume ni à des notes d’école, ni même à un chiffre de QI. Si un doute vous habite, osez franchir la porte du questionnement – cela pourrait bien changer votre regard sur vous-même.













